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Quand replier le matériel?

Quand replier le matériel?

Quand replier le matériel?

Voilà une question que l’on se pose inévitablement lors d’un affût. En effet, un affût dure généralement plusieurs heures. Et, parfois, souvent même, la faune n’est pas au rendez-vous. Alors il y a bien un moment où il faut se décider à replier le filet de camouflage et le trépied. C’est alors que surgissent toutes sortes de d’interrogations, du type :

  •  Est-ce que je ne  devrais pas attendre encore un peu?
  • Est-ce que je vais créer du dérangement?

Je ne vais pas prétendre vous donner la réponse miracle car, chaque affût est différent. Et puis je ne sais pas si vous avez aussi ce sentiment, mais je ne compte plus le nombre de fois où juste quand je me décide à tout ranger, les animaux arrivent….Je vais en profiter pour conter, en 2ème partie de cet article, quelques unes de ces rencontres qui sont souvent liées à des instants intenses même si la belle photo n’est pas toujours au rendez-vous.

Mais avant tous voici quelques cas pour lesquels je ne me pose pas trop de questions pour abandonner mon affût.

Replier quand le vent est changeant

Le vent qui change de sens, c’est le pire cas de figure sur un affût mammifère. On peut limiter les effets en affutant dans une tente . Sinon  il ne faut pas espérer de miracle. Généralement, je préfère replier et changer de site, ou bien je pars en billebaude en prenant soin de me remettre à bon vent.

Quand mon affût est proche de la sortie

Certaines positions d’affût permettent de quitter la place beaucoup plus facilement. En effet si j’arrive à me positionner près de la sortie d’une parcelle, je vais pouvoir partir plus vite et donc moins risquer de me faire repérer en partant. Parfois, certaines parcelles, sont bordées par des talus hauts qui sont plantés d’arbres et de buissons. Ces talus sont par endroit assez larges pour permettre de marcher au milieu. C’est un bon poste d’observation qui a plusieurs avantages :

  • je peux observer l’ensemble de la parcelle surtout si elle est un peu vallonnée.
  • je peux facilement me cacher dans la végétation
  • je peux bouger et me dégourdir les jambes quand je fais de longs affûts
  • je peux quitter l’affût même si des animaux sont présents car je n’ai qu’à descendre dans la parcelle qui est derrière et le talus me cache en grande partie

 

Je commence à replier et…

Comme je vous le disais au début, je ne compte plus les fois où je commence à replier et là bingo l’animal surgit !

Voici quelques anecdotes qui au final sont des moments intenses où se mêlent stress, adrénaline et satisfaction

Le chat forestier

14 mars 2016, je suis en stage chez Fabien Gréban. Cet après midi là, Fabien me poste sur un affût chat forestier. Il me donne les consignes et me dit  » tu verras, le soir la lumière est magnifique  »

Les heures passent, la lumière est effectivement magnifique, mais pas l’ombre d’un animal. La lumière baisse, je reçois un texto de Fabien, « je viens te chercher je ne suis pas loin ». Bon ok, je commence à replier un coin du filet de camouflage et là sur ma gauche il surgit . Le chat forestier tant attendu arrive. Zut zut zut, vite remettre le filet sans se faire remarquer, heureusement que je n’ai pas encore enlevé le boitier du trépied. Tout d’un coup je percute, mince fabien arrive ! j’attrape le téléphone tout en surveillant le chat qui est assis en haut de la colline  « viens pas, le chat vient d’arriver ! ». Mon cœur bat à 100 à l’heure. La belle lumière n’est plus là mais tant pis, le chat avance et passe tranquillement. Je fais mes photos, ce ne sont de loin pas les plus belles mais quel moment magique !

Le brocard

Allongée sur le talus entre 2 parcelles, j’observe un groupe de chevreuil depuis quelques heures. Nous sommes mi mars et 2 brocards sont encore en velours. Ils passent la plupart de leur temps couchés. Mais parfois ils se lèvent pour faire un brin de toilette. J’en profite pour faire quelques photos.

Même s’ils ne sont pas très actifs mais comme ils sont relativement proches, mieux vaut rester le plus discret possible. Petit à petit, ils s’éloignent. Je glisse alors le long du talus pour me retourner. Et là, je vois arriver dans ma direction un magnifique brocard. Je n’ai aucune possibilité de me cacher alors je recroqueville le plus possible le long du talus, surtout, ne plus bouger. Le brocard avance, puis se fige. Il a remarqué ma présence mais ne m’a pas identifié en tant qu’humain. Par mesure de prudence, il bifurque vers le milieu du champ et se met à manger tout en me surveillant du coin de l’oeil. La lumière est belle avec les deniers rayons du soleil. Le brocard s’éloigne tranquillement pour aller rejoindre un groupe de chevrette en contre bas du champ. Ils sont suffisamment loin pour que je puisse partir à mon tour,

la martre

Un soir de juin, j’ai passé toute la soirée à attendre le renard, mais il en a décidé autrement. En 3 heures d’affût, je n’ai aperçu qu’une chevrette au loin. Il est 21h30 et la lumière baisse très vite. Alors je décide de replier le matériel et de regagner ma voiture. J’arrive en bas de la parcelle et sur ma droite dans le champ d’à côté, je vois une forme qui avance en sautant. Je n’arrive pas à distinguer ce que c’est. Les sauts ne ressemblent pas à ceux d’un lièvre. L’animal approche, s’arrête et se dresse. Bon sang, une martre ! Je n’ai pas le temps de faire de réglage, juste 2 clichés avant qu’elle ne file dans un arbre.

Malheureusement les photos manquent de netteté, mais cette rencontre est inoubliable. Un jour je sais que la croiserai de nouveau et j’espère que cette fois j’arriverai à faire un beau cliché !

la martre

Le lièvre

Là encore, c’est une rencontre de dernière minute. Je rentrai d’un affût infructueux et, arrivée à ma voiture, je vois un lièvre qui remonte le chemin et vient s’arrêter à 2m de mon véhicule.

Je ne sais pas lequel des deux était le plus surpris !

le lièvre

En conclusion

s’il y a une chose que j’ai apprise au fil du temps, c’est que même une fois que j’ai décidée de replier mon matériel, je reste vigilante. Bien souvent les personnes que j’emmène, ont tendance sur le chemin du retour à se mettre à parler ou à marcher avec moins de discrétion. Alors que bien souvent, si on sait rester discret, il y a de forte chance de faire encore des observations et même si la lumière est basse, généralement il y a toujours moyen de tenter un cliché et à défaut de faire une belle rencontre.

Et vous, quelles sont vos plus belles rencontres après avoir replié votre matériel photo? N’hésitez pas à nous les raconter dans les commentaires !

 

Le cincle plongeur, un drôle d’oiseau

Le cincle plongeur, un drôle d’oiseau

Le cincle plongeur est un drôle d’oiseau.

On le surnomme parfois « merle d’eau ». Tous ces noms renvoient aux extraordinaires facultés aquatiques que possède cet oiseau.

Présentation du cincle plongeur

Il est plus petit que le merle noir. Le cincle est de couleur marron. Sa tête a des teintes plutôt rousses. La gorge et le poitrail sont blanc. On ne peut pas différencier le mâle et la femelle. L’oiseau mesure entre 15 et 20cm et ne pèse pas plus de 75g.

cincle plongeur

le cincle plongeur

Le vol est très rapide. L’oiseau se déplace généralement en ligne droite à une trentaine de cm au-dessus de l’eau. Parfois, plusieurs individus se livrent à des courses poursuites vraiment impressionnantes!

course poursuite

Où le rencontrer ?

Le cincle est présent dans plusieurs régions de France métropolitaine. Il affectionne les zones montagneuses. Il n’est donc pas étonnant de le rencontrer dans les Pyrénées, le Massif Central, les Alpes, dans le massif du Jura ou encore en Corse. Mais il y a aussi une population résiduelle dans l’ouest du pays. Aussi on peut, avec de la chance, croiser quelques individus en Bretagne. Il y a un peu plus d’un an, un individu a même été observé en Normandie.

Le cincle vit en bordure des cours d’eau qui ont un courant assez fort. Il passe une partie de son temps sur la rive. Posté sur une branche basse ou sur une pierre, il observe les alentours. Il est très territorial et ne quitte son emplacement que si les conditions météorologiques ne l’y obligent. On peut voir plusieurs individus sur un même secteur. Mais quand un couple se forme il reste uni pendant toute une année.

Reproduction

Les adultes construisent un nid en bordure du torrent. Le nid est bien abrité sous un surplomb. Il est souvent en arrière d’une cascade ou encore sous un pont. La femelle pond entre 4 et 6 œufs. Elle couve pendant une quinzaine de jours. Puis, les adultes élèvent les petits au nid pendant presque un mois.

le cincle sous la cascade

Le plongeon

Comme je vous le disais en introduction, le cincle a des facultés aquatiques extraordinaires. Il se nourrit principalement d’insectes, de larves, de petits crustacés et mollusques ou encore d’œuf de poisson. Même s’il lui arrive de manger des insectes terrestres ou des vers de terre, c’est sous l’eau que le cincle va principalement chercher sa nourriture. Et pour cela, il faut bien plonger !

La technique

Mais, comment un si petit oiseau qui ne pèse que 75 g arrive-t-il à plonger dans les forts courants des torrents de montagne ? La technique utilisée ne ressemble en rien à celle d’autres oiseaux plongeurs comme par exemple le martin pêcheur. En effet, ce dernier part d’un point haut et il utilise sa vitesse pour transpercer la surface de l’eau. Le cincle lui, n’a pas besoin de décoller de très haut. C’est pourquoi, une simple pierre qui émerge fera très bien l’affaire. En fait, le petit merle d’eau s’élance vers le centre du cours d’eau. Puis il se pose sur l’eau et seulement ensuite il plonge. Mais tout ceci va très vite. On peut donc dire que d’une certaine manière il plonge plus à la manière d’un grèbe castagneux que de celle d’un martin pêcheur !

en vol

en phase d'atterrissage

amérissage

 le plongeon du cincle

Voilà donc la technique du plongeon. Mais comment ce poids plume fait-il pour ne pas se faire emporter par le courant ? Si un humain avait l’idée de se mettre à l’eau au même endroit il se retrouverait rapidement quelques kilomètres plus bas … Alors, comment le cincle fait-il pour ressortir au maximum à quelques mètres de l’endroit où il a plongé ? Comment résiste-t-il face à la force de l’eau ? Eh bien en quelque sorte, il « vole » sous l’eau. Il utilise ses ailes pour « nager » jusqu’au fond. Une fois au sol il s’encre sur les roches à l’aide de ses pattes et marche littéralement sur le fond pour capturer ses proies. Il regagne ensuite la surface.  Parfois, il lui arrive de se laisser flotter, les ailes à demi déployées et porter par le courant  avant de s’envoler pour regagner la rive et engloutir sa proie.

la sortie

l'heure du repas pour le cincle

Le plumage du cincle plongeur est parfaitement adapté pour le protéger du froid et l’eau. Mais de tels plongeons demande une dépense d’énergie importante. Aussi l’oiseau alterne entre série de plongeons et phases de repos sur la rive.

Conclusion

J’ai découvert cet oiseau il y a quelques années lors d’un séjour dans le massif du Jura. Alors chaque fois que j’y retourne j’essaye de lui consacrer au moins une demi-journée d’observation. Le cincle plongeur est un oiseau discret et peu de promeneurs le remarquent. Même les locaux ne savent pas toujours qu’il est présent sur la rivière. J’ai à plusieurs reprise été questionnée par des promeneurs qui ne voyaient pas du tout ce que je pouvais bien tenter de photographier. Alors si vous avez l’occasion de vous balader dans un secteur où le cincle est présent, ouvrez l’œil et je suis certaine que vous aussi vous tomberez vite sous le charme de cette boule de plume.

 

Les phoques du Cotentin

Les phoques du Cotentin

Les phoques sont présents depuis de nombreuses années dans le Cotentin. Cependant, depuis quelques temps, on les observe plus facilement sur les côtes.

La 1ère fois que j’ai observé des phoques c’était en baie de Somme en 2016, mais là il s’agissait plus de veau marin.

Les phoques: phoque gris ou veau marin

Le long de la Manche, on trouve les deux. Alors, comment les identifier? Ce n’est pas toujours très facile. Voici donc quelques indices pour vous aider.

Le phoque veau marin

Il mesure de1.5m à 2m et pèse entre 90 et 120kg. Lorsqu’il est hors de l’eau on peut observer son pelage. Celui-ci est relativement clair avec des petits tâches sombres. Ces narines sont légèrement obliques et forment un V. Sa tête bombée présente un décrochement entre le front et le museau. Ce dernier caractère est plus facile à observer de profil !

Phoque veau marin

phoque veau marin

une tête ronde, un museau court et avec un décrochement de la ligne du front

Le phoque gris

Il est beaucoup plus gros. Sa taille varie entre 2 et 3 m pour un poids de 150 à 250 kg. Contrairement au veau marin, le pelage du phoque est sombre et présente des tâches assez grandes de couleur claire. Ces narines sont parallèles. Sa tête est plus plate, le museau est lui plus allongé et il n’y a pas de démarcation entre le front et le museau, la ligne est droite sans décrochement.

Les phoques - phoque gris

Mais, je ne vous cache pas que sur le terrain, ces critères ne sont pas toujours faciles à identifier. Alors le mieux c’est d’avoir une paire de jumelle ou si possible de prendre une photo pour ensuite procéder à l’identification.

Dans le Cotentin

Le cotentin se situe tout en haut du département de la Manche. Et, les deux principales colonies de phoques sont basées de part et d’autre. A l’ouest on les trouve en baie du Mont St Michel et à l’est dans la baie des Veys. Sur ces deux sites, il y a régulièrement des naissances et les petits viennent renforcer la colonie.

Depuis quelques années, un groupe se forme sur la partie est du nord Cotentin. Ici on ne parle pas encore de colonie car il n’y a pas eu de naissances d’enregistrées. Cependant, on observe parfois de très jeunes individus. A sa naissance, le phoque est presque blanc. C’est pourquoi on lui donne le surnom de « blanchon ». Et, cette année , dans le Val de Saire, une photographe, Nathalie Le Clainche, lors d’une sortie en bateau, a observé un blanchon au repos dans rochers. Voilà qui est plutôt bon signe !

Où observer les phoques?

Comme je le disais plus haut, c’est la côte est qui est la plus propice aux observations. C’est donc dans le Val de Saire que vous aurez le plus de chance de les rencontrer. Malgré tout, la population n’est pas très importante. Alors, ne vous attendez pas à les croiser chaque jour comme c’est le cas dans la baie de Somme et à Berck. Ici, ils sont beaucoup plus discrets. Mais parfois à marée haute, certains viennent tout prés du bord et on se demande alors qui observe l’autre….

Quelques règles élémentaires

Les phoques, même s’ils sont mignons, sont avant tout des animaux sauvages. Il convient donc d’être prudent et de les respecter. Dans l’eau ils sont dans leur élément et beaucoup plus agiles que nous. Alors si à l’occasion d’une baignade estivale dans la Manche (mais non l’eau n’est pas si froide) un phoque surgit à quelques mètres, ne cherchez pas le contact. Car cette grosse peluche est pourvue d’une puissante mâchoire et de grosses griffes. Pas la peine de non plus de sortir de l’eau en hurlant. Car avant tout les phoques sont curieux et ne vous veulent pas de mal. Gardez juste vos distances et si vraiment vous avez peur sortez de l’eau calmement. Quand on les observe depuis les rochers, les phoques sont en sécurité dans l’eau. Alors ils ont tendance à s’approcher. Là encore, ne faites pas de gestes brusques sinon ils plongent aussitôt et s’éloignent.

Les phoques font des apnées de plusieurs minutes, jusqu’à 7 -8 min. donc si un phoque plonge soyez patient il va remonter, mais pas toujours au même endroit….

Il y a deux cas de figure où les phoques sont vulnérables en présence des observateurs :

  • Au contact des bateaux
  • Lors de leur repos sur le sable

Aussi, quand on navigue, il ne faut jamais poursuivre les phoques qui nagent (c’est valable aussi pour les dauphins). Donc on se met au point mort et on observe.

Quand les phoques sont sur le sable, ils sont au repos. Autant ils sont agiles dans l’eau, autant sur terre ils sont lents. Il faut dire que ramper quand on pèse 200kg n’est pas chose facile ! Alors respectez leur tranquillité et restez à bonne distance.

Ma plus belle cession avec les phoques

Elle a eu lieu il y a 2 semaines. Toutes les conditions étaient réunies, une belle journée ensoleillée, peu de vent et marée haute en fin de journée. Donc, après une cession dans les marais, je décide de passer par le bord de mer. Il est un peu plus de 21h. J’arrive sur la côte. Tout d’abord je ne vois rien. Puis soudain, je vois le dos d’un phoque à la surface de l’eau. Il plonge et j’en profite pour aller me poser dans les enrochements, au plus près possible de l’eau. Quelques minutes plus tard, un phoque fait surface à une quinzaine de mètres puis un 2ème  apparait un peu plus loin. Une grande gerbe d’eau au bord me signale l’arrivée d’un 3ème individu. Il est plus petit que les deux autres peut-être un jeune de l’an dernier. Le jeune commence à jouer avec le phoque le plus proche. Ils sont parfois tellement près que je n’arrive pas à saisir la scène au 500 mm. La nuit tombe la plage est déserte et les phoques s’élancent vers le sable. C’est à celui qui montera le 1er sur la dune pour ensuite se rejeter à l’eau. Ils jouent et je profite du spectacle. Heureusement que les boitiers numériques sont capables de travailler en basse lumière et que DXO est là pour débruiter car les dernières photos je les ai faites à 25 000 iso !

Je vous laisse profiter de ces instants magiques, en espérant qu’ils vous plaisent autant qu’à moi. N’hésitez pas à laisser un commentaire à la suite de cet article pour me donner votre avis.

un 1er phoque

les phoques du cotentin

le premier arrivé

les phoques- ça joue

La photo sous-marine, un autre monde

La photo sous-marine, un autre monde

La photo sous-marine, c’est dans ce domaine que j’ai commencé la photographie. C’est un domaine un peu atypique. Il est bien sûr lié à la pratique de la plongée.

J’ai commencé à plonger en 1981 et j’ai passé mon 1er niveau, malheureusement, j’ai dû arrêter suite à des problèmes d’oreille. Cette interruption a duré 17 ans. Mais pendant un séjour dans les caraïbes, je n’ai pas résisté à l’envie de faire un baptême. Voilà j’ai remis les palmes dans l’engrenage et de retour en Normandie je décide de reprendre la plongée. Et la photo dans tout ça me direz-vous? Patience, car avant de penser à faire de la photo sous l’eau il faut d’abord être capable de maîtriser sa stabilité. Et de bien connaître toutes les règles de sécurité.

Vers la photo sous-marine

Quand on apprend à plonger, on commence par des plongées dites techniques. Il n’y a pas le choix il faut en passer par là. Mais, il y a aussi d’autres types de plongée. Elles sont axées sur la découverte du milieu marin et donc de la faune et la flore. Autant vous dire que j’ai vite passé le 2 premiers niveaux de plongées pour ensuite me consacrer uniquement aux plongées bio.

Vaincre les aprioris

Comme j’habite dans le Cotentin, c’est dans la Manche que réalise la plupart de mes plongées. Mais, quand je parle de mes plongées dans mon entourage, on me dit souvent, « Pourquoi tu plonges en Manche, l’eau est froide, c’est sombre, il y a du courant et en plus il n’y a rien à voir ». Eh bien, voilà ce que je peux répondre à ça :

  • Oui, l’eau n’est pas toujours très chaude, elle varie de 8 °C en hiver à 19 -20 °C en été. Cependant la température de l’eau est très homogène. Et, entre la surface et le fond (entre 0 et 30m) il n’y a environ qu’1°C d’écart. En Manche il n’y a pas le phénomène de thermocline présent en Méditerranée qui fait brutalement chuter la température de l’eau de 25° en surface à 16°C dès qu’on atteint 12m de fond.
  • Oui il y a du courant et il peut être très fort, Parfois il est impossible d’aller contre ou de s’arrêter sans s’accrocher à une roche. Voilà pourquoi il faut bien connaître les marées et les étales de courants pour plonger en sécurité.
  • Oui, souvent la visibilité est réduite. Mais c’est parce qu’il y a beaucoup de plancton et donc une eau riche en nutriment.
  • Et non, il n’y a pas rien à voir, C’est même tout le contraire. Dans la Manche il y a des algues mais aussi des éponges, des coraux, des mollusques, des poissons. Et, avec un bon éclairage, la Manche se dévoile comme une mer riche en couleur !

C’est mon envie de partager mes découvertes dans ce monde du silence qui m’a conduite à faire de la photo sous-marine.

Quel matériel utiliser pour la photo sous-marine ?

Le maître mot, c’est l’étanchéité. Et, ce critère n’est pas garanti au même niveau sur tous les appareils. Chaque boitier, chaque caisson est certifié étanche jusqu’à une profondeur maximum qui lui est propre. Aussi, on trouve des boitiers étanches (sans caissons) jusqu’à 20m. Mais, pour descendre plus profond il faut se tourner vers les caissons qui seront en fonctions de leur catégorie, certifiés pour plonger à 40m ou 60m. Au-delà on dépasse  le cadre de la plongée loisir.

Les boitiers sans caisson 

Ils ont l’avantage d’être peu chers, mais leur étanchéité est bien souvent limitée à 20m, parfois moins. Malgré tout, il ne faut pas forcément se détourner de ce type d’appareil. En effet, on peut parfois remettre ces boitiers dans un caisson étanche qui lui, garantit une étanchéité à 40m par exemple. L’avantage d’avoir un boitier étanche dans un caisson, c’est de sécuriser le matériel. En effet, si un défaut d’étanchéité permet une entrée d’eau dans le caisson, le boitier est lui, assez résistant pour permettre de remonter en surface tranquillement sans crainte de noyer le matériel.

Les caissons étanches

Ils sont nombreux et chaque modèle de boitier a son propre modèle de caisson. Et, les tarifs varient de 300€ à plus de 2000€. On trouve des petits caissons pour les boitiers compacts type APN . Pour les réflex, les caissons sont plus gros, plus chers et plus encombrants !

Pour démarrer, il vaut mieux se faire la main avec un APN dans un caisson. Dans la configuration ci-dessous on utilise le flash du boitier APN couplé au diffuseur fixé sur le caisson

Apn et caisson

Ensuite on ajoute un flash externe. Là, le flash externe est relié au caisson par une fibre optique. Il déclenche grâce à la lumière émise par le flash de l’APN.

APN, Caisson et flash externe

Puis, on peut envisager de se lancer avec un reflex. Comme vous pouvez le voir le matériel est beaucoup plus encombrant et sur ce caisson je n’ai monté qu’un flash, Normalement on en met deux. Dans ce cas il faut les disposer de part et d’autre du caisson.

Caisson pour réflex avec flash externe pour la photo sous-marine

Préparer son matériel

Quel que soit le matériel choisi, il faut être très rigoureux dans la préparation du caisson avant d ‘aller plonger.

Il faut respecter chaque étape :

  1. Ne pas préparer son matériel à la dernière minute et dans la précipitation
  2. Préparer son matériel dans un environnement propre sans poussières et à l’abri du vent
  3. Bien vérifier que le joint du caisson est propre, le moindre grain de sable ou un cheveu sur le joint et c’est l’entrée d’eau garantie dans le caisson et la noyade du boitier assurée !
  4. Graisser le joint légèrement (trop de graisse est nuisible) avec la graisse dédiée au type de joint sans quoi, le joint va se dégrader.
  5. Rincer le matériel à l’eau douce par trempage après chaque plongée
  6. Essuyer le caisson avant de l’ouvrir pour sortir le boitier

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vu des camarades noyer leur matériel pour ne pas avoir été assez vigilent. Et parfois même en ayant tout bien fait on peut tout de même avoir une entrée d’eau. Alors autant mettre toutes les chances de votre côté avant de s’immerger !

La technique en photo sous-marine

Le plus important en photo sous-marine c’est la gestion de la lumière.

En effet avec la profondeur les couleurs disparaissent. Dès les 5 premiers mètres, le rouge n’est plus visible. Puis c’est au tour du orange, du jaune etc…

disparition des couleurs

Heureusement on récupère les couleurs grâce à un apport de lumière. Pour ça on utilise un phare de plongée pour observer et pour la photo, les flash.

Mais il ne suffit pas d’éclairer. Il faut gérer l’orientation du flash et sa puissance. Car, comme je l’évoquais plus haut, l’eau est souvent chargée en particules. Alors un flash mal réglé va certes éclairer le sujet mais il va aussi rebondir sur les particules en suspension dans l’eau. On obtient alors une image brouillée pleine de tâches.

photo sous-marine avec particules éclairées

Mais si l’éclairage est mieux positionné on arrive à minimiser la présence des particules sur l’image

Pour commencer en photo sous-marine il vaut mieux se concentrer sur la macro et la proxi. Car, comme on est très proche du sujet on limite considérablement le risque d’éclairer les particules. Je conseille aussi de s’ exercer sur des sujets fixes. Les sujets mobiles, tels les poissons, sont beaucoup plus difficiles à immortaliser au début !

Photos sous-marines dans la Manche 

La mer de la Manche est très riche en faune et donc propice à la pratique de la photo sous-marine.

On n’imagine pas que dans cette eau bleue verte se cachent des animaux aux couleurs chatoyantes. Le poisson bleu dans le paragraphe précédent est un poisson de la Manche. C’est une coquette, un mâle en couleur nuptiale. Il est digne des poissons colorés des Caraïbes n’est-ce pas !

La mer de la Manche est une mer toute en couleur. Je vais donc vous proposer une sélection de photo sous-marine de quelques espèces qui peuplent la Manche. Je nomme les espèces par leur nom commun et pas les noms latins. Désolée pour les puristes mais je trouve que pour aborder ce sujet, les noms communs sont plus parlants car vous allez voir ils sont parfois très imagés !

Les éponges en photo sous-marine

C’est avec les éponges que j’ai commencé la photo sous-marine. Comme ce sont des animaux fixés, il est plus facile de s’attarder devant et de prendre le temps de faire ses réglages et son cadrage. Et puis sur certains sites de plongées, il y a facilement entre 10 et 15 espèces différentes. Donc on peut faire une cession photo avec une belle diversité d’images.

  • L’axinelle

éponge axinelle

  • La tube de fer

2ponge tube de fer photo sous-marine

  • L’éponge à mamelles

Eponge à mamelle

L’éponge balle

photo sous- marine éponge balle

  • La fesse d’éléphant
éponge fesse d'éléphant - Photo sous-marine
Les étoiles de mer

Elles aussi sont nombreuses, on en trouve de toutes les couleurs de toutes les tailles

  • L’étoile de cuir

L'étoile de cuir

  • L’étoile peigne

photo sous-marine étoile peigne

  • Le crachat d’amiral  ( je vous avais dit que c’est imagé !)

crachat d'amiral- photo sous-marine

  • L’étoile de mer glacière

photo sous-marine étoile glacière

Sur la photo suivante, c’est toujours la même étoile mais, on peut voir le détail d’un bras avec les pieds qui forment des ventouses et permettent à la fois de se déplacer et de s’accrocher.

les pieds de l'étoile de mer

Les anémones

Comme tous les cnidaires, elles possèdent des cellules urticantes. Elles sont toutefois moins virulentes que les méduses mais mieux ne vaut pas trop y toucher.

  • L’anémone fraise

photo sous-marine anémone fraise

  • L’anémone tomate

anémone tomate

  • L’anémone dahlia

photo sous-marine anémone dahlia

  • L’anémone bijou  – elle vit en colonie et recouvre totalement la roche, on en trouve des roses, des bleues ou des vertes. Elles forment des tâches de couleurs unies.

anémone bijou

Les mollusques

Là, le sujet est vaste et je vais cibler un petit groupe parmi les mollusque. Ce sont les lièvres et les limaces de mer. Ils ne mesurent parfois que quelques millimètres. Autant vous dire qu’il faut de bons yeux pour les repérer. Et arriver à faire la mise au point sur d’aussi petits sujets quand on est balloté par le courant n’est vraiment pas facile !

  • Le lièvre de mer

photo sous-marine lièvre de mer

  • L’antiopelle couronnée

Antiopelle

  • La thécacère

photo sous marine -limace thécacère

  • La coryphelle

Coryphelle pédieuse

  • Polycera des îles Féroé.  Ici on peut voir deux individus en accouplement.

polycera faeroensis

Les crustacés

Là aussi je sélectionne des spécimens que vous ne verrez pas dans vos assiettes….

  • La crevette péricliménes. Elle ne mesure que quelques centimètre et vit bien à l’abri des tentacules de l’anémone verte.

photo sous marine crevette périclinénes

  • La galathée, le jour elle se cache dans les failles et elle sort la nuit. Et oui dans les fonds marins il y a aussi des espèces nocturnes et diurnes !

galathée

Les poissons

je termine avec quelques poissons, certains sont connus d’autres moins.

  • la roussette, c’est en fait un petit requin. Elle est bien inoffensive et peu farouche. Vous pouvez noter que cette photo a des dominances vertes. C’est à cause du faible éclairage. Mon flash était en panne et je n’avais plus qu’une petite lampe comme seule source de lumière externe.

photo sous-marine - la roussette

  • le rouget barbet

rouget barbet

  • Le triptérygion, c’est un  petit poisson qui a la particularité de se poser le plus souvent  tête vers le bas sur les parois rocheuses.. Ici, c’est un mâle. On le reconnait à sa couleur jaune vif et à sa tête noire.

triptérygion

  • La coquette vous avez vu le mâle au début de l’article et cette fois, je vous présente la femelle.

photo sous-marine - coquette femelle

Je plonge de moins en moins toujours à cause de ma maudite oreille. J’ai eu le tympan percé à plusieurs reprises en plongée et j’ai de plus en plus de mal à descendre. Mais j’ai eu la chance ces 20 dernières années de profiter des merveilles du monde sous marin. J’ai plongé aussi bien en Manche que dans des mers plus chaudes avec toujours le même enchantement.

J’espère que vous avez apprécié cette plongée virtuelle et les rudiments de la photo sous-marine.

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires à la suite de cet article.

L’hermine, un allié pour les prairies

L’hermine, un allié pour les prairies

L’hermine est un tout petit mammifère. Mais nul besoin d’être gros pour avoir un rôle important à jouer dans la sauvegarde des prairies !

L’hermine, quelques généralités

L’hermine vit dans presque toutes les régions de France. Elle n’est absente que sur la Corse et très rare sur le pourtour méditerranéen. Cependant, c’est dans l’est de l’hexagone qu’elle est le plus facile à observer. La population d’hermine est liée à celle des campagnols dont elle se nourrit. Elle appartient à la famille des mustélidés

Morphologie

Elle est très filiforme. La taille et le poids varie en fonction du sexe de l’animal. Le mâle est toujours plus gros il mesure entre 18 et 32 cm pour un poids de 200 à 450g. La femelle quant à elle mesure 17 à 27 cm et son poids oscille de110 à 280g. La queue fait une dizaine de centimètre et elle se termine par un panache de couleur noir.

hermine, une petite fusée

L’hermine a la particularité de muer deux fois au cours de la saison. A l’automne, dès que la température chute et elle revêt un pelage blanc. Puis, au printemps elle reprend une teinte brune sur le dessus du corps et le ventre lui reste blanc. La mue commence toujours par tête est se propage progressivement au reste du corps. Par contre, le bout de la queue lui reste noir quelque soit la saison. C’est d’ailleurs le meilleur indice pour différencier l’hermine de la belette.

Habitat et alimentation

L’hermine est tant nocturne que diurne. Mais il y a quand même quelques variations. Aussi, elle est plus active le jour en été et la nuit en hiver.

Elle occupe généralement les terriers de ses proies. On la trouve donc dans des galeries souterraines de rougeurs mais aussi sous des tas de bois, sous des souches d’arbres ou encore dans des amas de pierres.

Elle est exclusivement carnivore  et  se nourrit de petits mammifères comme les les rongeurs, ais elle s’attaque aussi à des lapins, des écureuils, des oiseaux ou encore des reptiles. Eh oui, sous ses airs d’ange, l’hermine est un redoutable prédateur.

Son rôle dans les prairies

L’hermine a un rôle primordiale dans le gestion des prairies. Car, dans certaines régions elles ont un ennemi de petite taille mais qui fait des ravages. C’est le campagnol terrestre.

Le campagnol terrestre

Le campagnol terrestre (Arvicola terrestris) est très présent dans l’est de la France. On peut considérer que ce rongeur pullule des lors que les herbages permanents représentent plus 60 à 70% des surfaces agricoles. Ce qui est le cas dans le département du Doubs. En effet dans cette région nous sommes sur la terre du Comté. Et pour réaliser ce bon fromage il faut de belles prairies pour faire pâturer les vaches et récolter du foin.

Seulement voilà, le campagnol terrestre lui aussi adore l’herbe car c’est un herbivore exclusif. Il se nourrit des racines juteuses, avec une préférence pour celles du trèfle, de la luzerne et du rey-grass en général.

campagnol terrestre

Le campagnol a une reproduction explosive. Un couple peut avoir jusqu’à 100 petits par an ! La pullulation est cyclique. La population est d’abord à faible densité. Puis il y a une période de croissance jusqu’à atteindre un pic maximal. Ensuite la population décroit et revient progressivement à une densité basse. Le cycle complet se fait sur une durée de 6 ans.

Lorsque le pic du cycle est atteint, la densité de campagnol est de 1200 individus à l’hectare. Un campagnol mesure environ18 cm de la tête à la queue et pèse 120g. Quand on sait que chaque individu consomme l’équivalent de son poids par jour, il n’est pas difficile d’imaginer le résultat. Les prairies sont ravagées. Il n’y a plus un brin d’herbe. La terre est nue et criblée de galeries. Arrivé à cette extrémité, l’agriculteur n’aura pas d’autre choix que de semer à nouveau de l’herbe pour reconstituer sa prairie.

La place de l’hermine

Heureusement la prairie a aussi des alliés et l’hermine en est un. En effet, le campagnol est un de ses mets favoris et on estime qu’une hermine en consomme en moyenne 4 par jours.

L’hermine est profilée pour rentrer dans les galeries, c’est sous terre qu’elle pour chasse les campagnols. Elle est d’une agilité et d’une rapidité incroyable. En surface elle est presque tout le temps en mouvement. Car il ne faut pas oublier qu’elle aussi a des prédateurs et qu’en surface elle est beaucoup plus vulnérable.

Sa petite taille et son mimétisme, font qu’on ne la remarque pas toujours. Certains habitants dans le Doubs nous ont demandé ce que nous étions en train de photographier et quand on leur répondait, une hermine, ils disaient « c’est quoi, on a ça chez nous? ». Heureusement, certains agriculteurs, connaissent bien elle l’hermine. L’un d’entre eux qui venait travailler dans son champ alors que nous étions à observer l’hermine, nous a dit : « Ah , l’hermine, il faut la laisser travailler….et le renard aussi avec tout les campagnols qu’on a ici ! »

Oui, car pour protéger les prairies, l’hermine n’est pas seule. Depuis le ciel les rapaces veillent. buses, milans, faucons et chouettes participent au festin ! Et sur terre, le renard et le chat forestier ne sont pas en reste. D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller sur le site de Fabien Gréban pour y commander son tout nouveau livre «   Gardiens des prairies »

Photographier l’hermine

Comme pour toute autre espèce, ça commence par le repérage. A l’automne, avant les premières neiges, il faut repérer les champs qui sont infestés de campagnols. Car, il y a de fortes chance que l’hermine vienne s’y installer pour passer l’hiver. A cette saison elle est assez sédentaire et, tant qu’il y a à manger, elle reste sur place.

A l’affût

Après avoir déterminé le site, on organise l’affût. Ce sera un affût couché.

affût couché

S’équiper

Pas besoin de s’encombrer de matériel de camouflage. Tout au plus, prévoir un petit filet (blanc s’il y a de la neige) à mettre sur le boitier. Par contre il est indispensable de prendre un tapis de sol, un trépied qui descend au raz du sol ou un bean bag. L’affût couché ne convient pas à tous les photographes. Il met à mal les lombaires et les cervicales. Parfois avoir un petit coussin peut être bien utile pour se caler. Un affût peut durer plusieurs heures et pas question de se lever ni de s’assoir. Alors, pour se ménager le mieux c’est de rouler doucement et de se coucher sur le côté pour se soulager de temps en temps. Cette technique est plus facile quand on affûte à deux car l’autre continue à surveiller!

Sur un affût, par définition on ne bouge pas. C’est encore plus vrai sur un affût couché. Et là, le froid devient vite un problème. Aussi, il ne faut pas négliger son équipement. Les sous couches sont indispensables et il faut bien protéger les extrémités (pieds, mains, tête). Bref, à vous d’adapter votre matériel en fonction de la météo. J’ai fait 3 cessions photos sur 3 années différentes entre fin janvier et fin février. Nous avons des températures qui variaient de -12°C à +20°C, mais aussi de la neige, des seaux d’eau et un soleil radieux en fonction des années. Autant vous dire qu’il est préférable d’être prévoyant et prendre des vêtement qui englobent tee-shirt et doudoune !

Pensez aussi à équiper votre boitier. Une housse contre la pluie est précieuse et pour les boitiers bruyants, une housse anti bruit est indispensable.

Photographier 

On arrive à l’affût avant le levé du jour pour s’installer sans déranger. Quand l’hermine pointe le bout de son museau, il ne faut pas bouger.

l'hermine pointe le bout de son nez

Les hermines ont des caractères bien différents d’un individu à l’autre. Mais elles ont un point commun, elles détestent qu’on s’agite et qu’on fasse du bruit. Donc au début il faut se contenter d’observer et ne pas déclencher. Ce temps d’observation n’est pas perdu, loin de là. Il est au contraire précieux. Il permet à l’hermine de s’acclimater à la présence du photographe. Et pendant ce temps on peut analyser la situation. On peut ainsi voir par quels trous l’hermine pointe son nez. L’hermine commence par se déplacer sous terre par les galeries et ressort la tête par différents trous. Tantôt en face, tantôt à droite, à gauche et à plus ou moins grande distance.

Quand elle prend confiance, l’hermine se déplace en surface, là, on peut commencer à photographier. Mais, accrochez vous, elle est rapide!  Et suivre le cheminement de l’hermine est compliqué. Elle rentre dans un trou, ressort la tête une fraction de seconde. On guette alors, l’œil rivé à l’appareil photo, qu’elle ressorte, mais rien…Quand soudain on l’aperçoit  en surface 20m plus loin sur la droite ou la gauche. Le temps de refaire la mise au point et hop elle a déjà filé vers une autre galerie ! C’est une vraie flèche, elle court, elle « vole » et fait même des cabrioles, une vraie folle dingue !

hermine en vol

hermine en chasse

 

cabriole

Heureusement de temps en temps, la belle se pose  pour le bonheur des photographes.

en mode pose

L’attitude la plus typique c’est la chandelle. Mais toutes les hermines ne montent pas systématiquement en chandelle. Certaines le font plus ou moins.

A l’approche

Nous avons vu que l’hermine en hiver reste sur un périmètre assez restreint. Mais, au printemps, quand la neige fond  ou tout simplement quand la nourriture se fait plus rare, l’hermine peut être amenée à élargir son territoire et franchir les routes.

franchir la route pour élargir son territoire

Dans ce cas, l’affût n’est plus efficace et il faut pratiquer l’approche. La technique n’est pas simple, on a un peu l’impression de jouer à 1,2,3 soleil avec l’hermine !

Heureusement, Fabien Gréban est là pour nous enseigner comment faire sans perturber l’hermine. Et puis quand on a la chance de tomber sur une hermine coopérative, voir même curieuse ce n’est que du bonheur ! Cette année nous avons rencontré une hermine particulièrement sympathique et nous avons passé près de 2 h en sa compagnie. Nous l’avons observé se promener au milieu des grumes.

Mais par moment c’est hermine qui venait malicieusement dans le dos des photographes, visiblement pas du tout impressionnée !

hermine malicieuse

Conclusion

Photographier l’hermine est toujours un réel plaisir qu’elle soit dans un décor printanier ou dans un univers de neige et de glace, peu importe elle est toujours aussi belle !

hermine en hiver

J’ai eu l’occasion de voir l’hermine dans ma région à deux reprises mais, sans encore arriver à la prendre en photo, mais je ne désespère pas et peut-être qu’un jour je pourrai vous présenter une hermine Normande…..

Quel camouflage choisir pour bien affûter?

Quel camouflage choisir pour bien affûter?

Le camouflage est un élément essentiel dans la photo animalière. Et ce, quel que soit le mode d’approche que vous choisissez. Une billebaude ou un affût sans camouflage c’est presque à coup sûr aller sur un échec. Car, notre silhouette de bipède est bien trop identifiable pour la faune !

 Les généralités

Le principe de base du camouflage c’est de pouvoir se rendre invisible ou tout du moins de se faire le plus discret possible.

Pour cela il existe divers artifices et matériels. Mais avant tout, il faut déterminer ce qui va trahir notre présence, car il n’y a pas qu’un seul facteur à prendre en compte. Et, en fonction des animaux que nous allons rencontrer certains critères vont avoir plus d’importance que d’autres.

Parmi les 5 sens, il y en a trois qui permettent aux animaux de repérer un danger :

  1. l’odorat
  2. l’ouïe
  3. la vue

Bien sûr, chacun de ces sens n’a pas la même acuité en fonction des animaux. Aussi, pour les oiseaux,l’odorat aura moins d’importance que la vue pour repérer un danger. Mais pour le renard son flair est infaillible ! Le chevreuil lui est aux aguets au moindre bruit. On constate donc que le camouflage ne consiste pas uniquement à porter des vêtements camo. Il faut aussi limiter son impact olfactif et bannir les parfums mais aussi les gels douche et les lotions après rasages trop parfumées ! Et tout cela en faisant le moins de bruit possible. Voilà un sacré défit à relever.

Quel camouflage choisir?

Là encore pas de réponse unique, le camouflage peut être light ou très sophistiqué. Mais avant tout il doit être adapté à l’affût que souhaitez réaliser.

Version light

J’utilise ce type de camouflage régulièrement. En réalité, je déteste m’encombrer. Alors bien souvent je me contente de vêtements camo, d’un trépied, un filet de camouflage et un simple morceau de tapis en mousse (tapis fitness 1er prix) pour s’assoir au sec. Il ne faut surtout pas négliger le confort en affût. Pensez que l’attente va durer plusieurs heures. Alors si pour vous le siège est indispensable et bien prenez-le !

Rien de plus simple qu’un affût derrière son filet de camouflage :

affût derrière un filet de camouflage

Il existe toutes sortes de vêtements pour se camoufler. Ce qui importe c’est de masquer chaque cm de peau. Le visage, les mains, les cheveux (surtout s’ils sont gris) sont extrêmement visibles. Donc les gants, une cagoule  et une casquette sont des ustensiles indispensables! Pour les régions avec de la neige il faut prévoir une tenue pour l’hiver dans les tons blancs.

La Ghillie suit est un équipement d’une redoutable efficacité. Il y en a de différentes sortes. Mais il y en a une que j’aime bien car elle combine plusieurs avantages. C’est la ghillie 3D

 

Elle ne coûta par cher, on peut en trouver à partir de 30€. On peut la porter par dessus des vêtements standard et elle est très légère ce qui est un atout quand il fait très chaud ! Le seul inconvénient c’est que c’est fragile et qu’il vaut mieux éviter de passer un roncier avec…. Avec cet équipement, pas besoin de s’encombrer de filet de camouflage, ou bien juste un petit morceau si vous avez un trépied à masquer.

Dans le même esprit, vous pouvez opter pour la tenue fantôme des bois de chez JAMA . C’est une sorte de grand pancho qui camoufle à la fois le photographe et le matériel.

Improviser

Il y a des billebaudes qui se terminent parfois en affût. Et dans ce cas, il  n’est pas toujours possible de positionner un filet. Alors il faut improviser. Sur la photo suivante, j’ai utilisé le trépied avec un petit filet écharpe et du foin. Cette technique m’a permis de rester un bon moment avec un renard en mulotage.

camouflage improvisé

Version sophistiquée

Sophistiquée est un bien grand mot !

Disons plutôt que cela concerne les affûts fixes et les tentes affût.

Pour les affûts fixes, cela va du simple filet qui restera en place plusieurs semaines voire plusieurs mois à des affûts construits en ‘dur’ type cabane. L’avantage de ces affûts c’est que la faune va s’habituer à leur présence. Mais cela nécessite d’avoir en amont, fait du repérage, pour le positionner au bon endroit !

Les tentes affûts sont quand à elles un bon compromis. Elles sont plutôt légères et permettent de se protéger quand les conditions météo  sont défavorables. Dans une tente affût on dispose aussi de plus de latitude pour bouger, déplier les jambes. Ce qui est très appréciable pour les longues cessions. Et pour photographier les oiseaux farouches comme les pics ou le martin pêcheur c’est un véritable atout !

Maquiller son affût

Pensez tout de même que ce camouflage est relativement imposant. Donc pour éviter de se faire repérer, je vous conseille d’y ajouter quelques artifices de décoration. Bien sûr il n’est pas nécessaire d’arracher toute la végétation autour pour cela. Voici deux exemples de maquillage de ma tente affût. C’était à l’occasion de séances photos à proximité d’un terrier de renard.

Dans le champ, les céréales ont été moissonnées et il reste les rouleaux de paille. J’ai adossé ma tente à un rouleau. Je l’avais recouverte avec un filet en mailles de couleur sable.( il n’apparait sur la photo car je l’ai prise alors que j’avais commencé à démonter l’affût). Ensuite, j’ai récolté quelques tiges de paille qui restent toujours au sol pour casser la forme de la tente.( là encore il y avait plus de tiges avant le démontage). L’idée c’était que ma tente soit perçue comme un rouleau de paille et se fonde dans le décor.

Camouflage en mode round baller

Ce maquillage a très bien fonctionné, les renards sont venus très près et sans les déranger.

Quelques jours plus tard, les rouleaux n’étaient plus là. Alors, pas question de planter l’affût tout seul au beau milieu du champ. Donc, je l’ai repositionné le long de la haie. Avec, cette fois, un maquillage qui correspond à la végétation environnante. Je coupe les fougères (il ne faut pas arracher) et en fin de cession je les mets de côté pour les réutiliser la fois suivante.

camouflage en fougères

Adapter le camouflage et  l’affût à son sujet

Comme nous l’avons vu précédemment, le camouflage est primordial en photo animalière. Mais ça ne suffit pas. Il faudra aussi adapter l’affût à l’animal que l’on souhaite photographier.

De préférence il faut se positionner au niveau de son sujet. Alors, n’imaginez même pas essayer de photographier une hermine dans la neige, confortablement installé dans une tente affût !

Non non, là il faudra passer par un affût couché. Cette position allongé sur le ventre est particulièrement inconfortable pour le dos et les cervicales. Alors mieux vaut prévoir un bon tapis et aussi un petit coussin à positionner  au niveau de la poitrine pour se caler au mieux. Et, si cela ne suffit pas on peut s’accorder de rouler doucement sur le côté pour faire une pause avant de se remettre en position.

affût couché

En conclusion

Vous l’avez compris, il n’y a pas qu’un seul type de camouflage ni un seul type d’affût.

Il faudra vous adapter à la saison, à l’environnement et aussi à l’espèce choisie. Mais, une fois toutes ces conditions réunies, vous aurez peut-être la chance d’assister à de belles scènes de vie que nous offre la faune sauvage.

.scène d'éducation d'un jeune renardeau par un adulte

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