Le respect en photographie, c’est un vaste sujet. Il peut s’exprimer de différentes manières et sur divers domaines.
Dans la photo animalière il commence avant tout par le respect envers les animaux.
Respecter la faune sauvage
J’entends bien souvent dire que les animaux s’approchent de plus en plus des villes. Mais c’est oublier que l’urbanisation gagne du terrain et que nous laissons de moins en moins de place au sauvage. Sur la masse totale des mammifères, seuls 4 % sont des animaux sauvages. Et sur les 40 dernières années nous avons perdu 60% des populations d’animaux sauvages (source WWF). Voilà pourquoi, chacune de nos interventions vis à vis du monde sauvage doit être mesurée et respectueuse.
Discrétion
L’important c’est de minimiser son impact au maximum. Comment ? Eh bien, il faut se faire discret, éviter de parler haut et fort en billebaude. La discrétion c’est aussi ne pas marcher n’importe où et garder une distance correcte vis à vis des terriers par exemple. Je suis effarée du comportement de personnes notamment au moment du brame. Certains arrivent et traversent les parcelles sans aucune précaution. Quoiqu’il en soit aucune photo ne mérite la mise en danger d’un animal.


Respecter la réglementation
Sur un site par chez moi, il y a des ruines avec des cigognes qui nichent. et bien cette année j’ai vu une dame avec son chien pénétrer dans le champ qui est clôturé, pour s’approcher des ruines et aller faire des photos avec son téléphone portable au pied des nids pour être au plus près. Elle n’en avait rien à faire de déranger. Quand je lui demande ce qu’elle fait, elle me répond que elle aussi elle a bien le droit de faire des photos. Je lui précise que la zone est protégée et qu’elle doit rester en dehors car elle peut déranger les nichées et qu’elle risque une amende. Ce à quoi elle me répond « et bien si je prends une amende c’est pas vous qui allez la payer ! »
Franchement que voulez-vous répondre à tant de bêtise !


Le respect du propriétaire ou du locataire du terrain
Ce n’est pas toujours facile de savoir si on peut ou pas aller se promener sur une parcelle de bois ou même dans des champs. Personnellement je m’interdis de traverser un champ s’il y a des bêtes dedans. Bon parfois plusieurs parcelles peuvent communiquer entre elles et les bêtes peuvent ne pas être visibles au départ. Alors dans ce cas j’essaye de ressortir au plus vite et surtout, je referme systématiquement les barrières des champs et ce, qu’il y ait des bêtes ou non.
Autre règle, quand je croise l’agriculteur, je me présente, je lui explique que je viens faire de la photo, je le rassure lui disant que je ne traverse pas les cultures, que je marche le long des haies et que bien souvent je me pose juste en pied de la haie pour attendre le passage des animaux. Généralement, j’ai de bon retour et l’accord pour venir sur les parcelles.
Mais parfois ça ne suffit pas car il peut y avoir des voisins que votre présence dérange…
Anecdote N°1
J’avais obtenu l’autorisation d’un agriculteur qui exploite des champs de venir sur les parcelles faire de la photo. Seulement voilà, ces champs sont entourés de bois qui sont des terrains de chasse. Donc encore une contrainte que je me donne, je ne vais sur ses champs qu’en dehors de la période de chasse soit, de mars à septembre. Je sais que la présence de ma voiture intrigue. Et, un soir à la tombée de la nuit alors que je qui ma zone d’affût aux chevreuils, j’aperçois un véhicule garé juste à côté de ma voiture et un gars qui à l’air de m’attendre. J’avoue que sur le moment je commence à flipper un peu. J’envisage d’attendre avant de rentrer. Mais, de toute façon il faut bien que je rejoigne mon véhicule donc j’y vais. Je commence par dire » bonsoir Monsieur » avec un grand sourire. Mais, en face, l’accueil est assez froid. Le monsieur, me demande ce que je fais là. Ce à quoi je réponds que je ne fais rien de mal, je fais juste de la photo animalière. La personne insiste et me répond qu’il est là pour surveiller pour que les gens n’aillent pas dans les bois. Là je comprends qu’il s’agit d’un des chasseurs. Il dit que ça fait un moment qu’il m’attend et qu’il est tard (oui ben en fait on n’avait pas non plus rendez-vous que je sache). Je redis que je fais de la photo, je lui montre mon appareil et les photos que j’ai faites. Il commence à se détendre (moi aussi). Apres une longue discussion il finit par me dire que c’est bon, je peux revenir mais pas aller dans les bois. Ouf ça finit bien !


Le respect entre photographes
Il vous arrive sans doute quand vous faites des photos de paysages qu’une personne passe devant votre objectif et s’excuse du dérangement. Ça se passe généralement bien. sans doute, parce que le sujet est fixe et qu’il est assez facile de refaire la photo. Mais, en photo animalière, l’instant est fugace et tout élément perturbateur peut stopper net une session photo.
Il m’arrive parfois d’arriver sur un spot et de voir qu’il y a déjà du monde. Et bien dans ce cas, je m’éloigne et je cherche une autre place ou je change de spot. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde et certains photographes ont tendance à se taper l’incruste.
Anecdote N°2
Repérage, installation, attente
Nous sommes 3 photographes de retour d’une sortie photo en montagne. En bordure d’un chemin, nous repérons des traces d’hermines qui sont toutes fraiches. Il est trop tard pour faire un affût mais nous décidons d’y revenir le surlendemain. Il y a toujours des traces d’activité. Plusieurs trous de sortie sont bien visibles et nous décidons de nous installer à une distance raisonnable. Plus question de bouger maintenant, l’attente commence.
L’incruste
Au bout de 45 minutes, nous voyons arriver un photographe sur le chemin. Ll nous voit, s’arrête et nous observe. Puis après quelques instants il nous lance » vous avez vu une hermine ? » Calmement, nous répondons, « pas encore ». A fond de moi je me dis que c’est bon il va s’éloigner. Et bien non, il vient s’installer juste derrière nous. Une dame arrive sur le chemin, elle aussi est photographe. Mais après nous avoir discrètement salués, elle continue son chemin. Merci madame ! L’hermine fait son apparition mais elle est un peu loin sur notre droite. Elle navigue autour d’un petit sapin. Nous commençons à faire quelques images en attendant qu’elle s’approche.
Derrière nous, le gars s’impatiente et nous dit » faut vous approcher, elle est trop loin ». Moi dans ma tête (« Euh mon gars tu peux nous laisser mener notre session comme on l’entend « ) et une amie lui répond « vous pouvez aussi en trouver une autre » Le gars ne se démonte pas et enchaîne » mais j’en ai d’autres et puis la nature et à tout le monde ! » Et ni une ni deux le voilà qui se déplace pour se rapprocher de l’hermine.
La session photo
Franchement j’ai rarement vu une hermine aussi cool. Au bout de 20 minutes elle s’approche de nous. Le gars se déplace à nouveau et vient carrément s’assoir en bordure d’un trou de sortie, j’hallucine ! L’hermine continue son show pendant une bonne demi-heure, puis disparaît. A la fin de la session nous plions tranquillement bagage. Le gars s’en va sans nous dire un mot.
Il y a bien des hermines qui auraient été moins complaisantes et qui se seraient cachées au premier mouvement. Et alors là la cession aurait été finie pour tout le monde. Donc à minima ce monsieur s’il voulait se joindre à nous pourquoi pas. Mais au moins, il aurait pu et surtout dû rester légèrement en retrait et rester sans bouger comme nous l’avons fait.




Voilà quelques retours d’expériences sur les différentes formes de respect. Bien sûr, personne n’est parfait. Moi aussi j’ai commis des erreurs et j’en ferai sans doute encore. Mais il y a des comportements que nous pouvons tous éviter.
Et vous, quelles sont vos anecdotes, n’hésitez pas à les partager en commentaire !
Bravo Laurence pour vos très belles photos d’hermine dans la neige .
Vous avez eu beaucoup de chance concernant le comportement de cette hermine
pas farouche.
Je partage tout à fait vos remarques sur le comportement sans gène et aucune éthique sur la faune sauvage de certains que j’ai du mal à nommer photographe .
Merci pour le partage et je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année et surtout
de belles rencontres en 2026.
Cordialement
Jean Paul
mon modeste blog.
http://www.jeanpaulb- mpc.fr
merci Jean Paul, oui nos avons eu beaucoup de chance avec cette hermine, bonnes fêtes de fin d’année
Bravo et merci Laurence d’avoir abordé ce sujet fondamental en l’illustrant de si belle manière.
Un sujet fondamental ? A mes yeux, oui. Le respect.. Le respect de tout.. De l’Autre, pour commencer, qu’il soit humain, animal voire végétal… Le respect qui fait que tout devient autant harmonieux qu’enrichissant et qui, d’office, exclut toute forme d’égoïsme et nous rend réceptif.
Je citerai en parallèle Sylvain Tesson : «Si seulement les hommes, écoutant le chant des forêts, pouvaient comprendre qu’ils n’ont besoin de rien d’autre…» Et seul un Homme respectueux arrivera à écouter le chant des forêts… Entre autres.
Salut Bob, merci pour ton message, je te souhaites de bonnes fêtes de fin d’année et à bientôt !
Merci Laurence pour ce post, Vous n’êtes pas sans savoir que les CONS ça osent tout
Je vous souhaite de merveilleuses fêtes de fin d’année et surtout BON NOËIL au milieu des vôtres, et de merveilleuses photos à venir
Merci d’être passé sur ce post, bonne fêtes de fin d’années également !
Dans un autre genre mais où il est aussi question de « photos animalières », voici la mésaventure qui est arrivé à mon fils, Laurent, il y a 2 ans. Si tu trouves que cela n’a pas de rapport n’hésite pas à l’effacer. Quand Laurent vient en vacances il a l’habitude de faire des panoramas des plages de Barneville et/ou Carteret. Il y a donc 2 ans il les envoie sur les facebook des deux sites et ajoute la photo d’une vache dans le pré en face de chez moi car elle n’est pas de la race habituelle de l’agriculteur, c’est une rouge des prés au lieu des habituelles charolaises. Pour améliorer la photo Laurent efface les barbelés et les étiquettes aux oreilles de la vache. 3 heures plus tard il reçoit un message d’un agriculteur de la Côte des Isles lui disant qu’il a perdu une bête de cette race il y a 3 mois, qu’il est le seul dans le coin a posséder cette race et qu’il veut connaître le lieu où il a pris la photo pour pouvoir venir récupérer sa bête (rien de moins) aussitôt. J’appelle le propriétaire, qui est aussi le locataire de mes prés, qui m’indique où il a acheté l’animal et qu’il a tous les papiers. Laurent lui transmet la réponse du propriétaire mais l’autre insiste. Cela a duré 3 jours alors même que Laurent ne lui répondait plus. J’ai appris plus tard par mon vétérinaire que cette personne n’identifiait pas tjrs ses bêtes. Ayant vu un animal sans étiquettes (effacées par Laurent) il a du penser que c’était à lui. Finalement le jeudi Laurent lui dit qu’il n’a qu’à aller à la gendarmerie. Il lui répond qu’il y ira lundi matin. Laurent rentrant à Paris le vendredi, il décide le samedi d’appeler la gendarmerie et leur raconte l’histoire. Les gendarmes lui demandent de leur faire parvenir la photo originale avec les étiquettes, ce qu’il fait. Le lundi le gars est bien allé à la gendarmerie et les gendarmes se sont déplacés chez mon locataire pour vérifier les papiers qui étaient bien sur en règle. Comme si la gendarmerie n’avait pas autre chose à faire!!!!
Bonjour Françoise, eh oui pas toujours facile la photo et les publications.
Bonnes fêtes de fin d’année !
Bonsoir Laurence,
Je viens enfin de prendre le temps de lire ton article. Très intéressant. Je ne me sens pas vraiment concernée car je suis paysagiste mais dans ce domaine aussi il y en a qui s’incruste ou qui passe devant votre objectif sans excuse. Certes je peux moi refaire la photo ce qui n’est pas le cas avec la photographie animalière mais ce sans gêne de généralise et c’est bien dommage.
Félicitations pour l’ensemble de ton travail.
Bonne et belle année photographique.